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Mon arrière grand père paternel, fernand Pech était un militaire de carrière. Il est né à Villegailhenc, village de l'Aude au pied de la montagne noire. Issu d'une famille d'agriculteurs dont les ancêtres vivaient dans le Cabardès près des chateaux de Lastours. Il embrassa la carrière militaire dans les années 30, au sein des troupes coloniales. Lorsque la 2ème Guerre Mondiale éclata en septembre 1939 il était S/Lt lieutenant au 1er bataillon du 24ème Régiment de tirailleurs sénégalais. Après la percée allemande de Sedan le 10 mai40, sa division, la 4ème DIC est envoyée sur la Somme près d'Amiens afin de tenter de stopper l'avance allemande. Avec son bataillon il participa le 24 mai et le 28 mai 40 aux terribles combats d'AUBIGNY. Le compte rendu qu'il fit de ces combats, sera repris dans un chapītre d'un ouvrage paru en 1941 et consacré aux troupes coloniales durant la campagne de France, "le Mémorial de l'Empire". Après avoir contenu l'adversaire sur la Somme du 20 mai au 4 juin 1940, le 24ème RTS subira de plein fouet l'offensive allemande et devra proteger la retraite des restes de la Division. Le 9 juin les debris du 24ème RTS sont encerclés. Le chef du 1er bataillon, le Cdt GELORMINI, avec une poignée d'hommes, dont le S/Lt PECH, reussit à se dégager en opérant des charges à la baionnette dans la pure tradition de 14-18 et permettant à ses hommes de regagner les lignes françaises et d'eviter la capture qui aurait sans doute signé leur arrêt de mort, de nombreux cas d'executions sommaires par les allemands de soldats africains ayant été signalés. Le Cdt GELORMINI, le S/Lt PECH et 80 tirailleurs traverseront la France afin de regagner le Sud. A l'armistice, le S/Lt Pech est affecté au 7ème RTS, au Sénégal. Il reprend ensuite le combat au sein de la 1ère armée française. Son nouveau régiment, le 4ème RTS fut rattaché à la 9ème division d'infanterie coloniale (9ème DIC) et changera de nom pour devenir en novembre 1944 le 21ème Régiment d'infanterie Coloniale (21ème RIC). Ce régiment existe toujours sous le nom de 21ème RIMA, basé à Fréjus). Promu capitaine, il participa à la libération de l'Ile d'Elbe. Avec son régiment il combattra ensuite en France après le débarquement en Provence. Lors de la campagne d'Alsace le 6 fevrier 1945, sa compagnie, la 11ème du 21ème RIC est choisie pour être le fer de lance d'une opération ayant pour but de rompre la ligne de défense allemande s'appuyant sur la rivière ILL. Avec son unité il participera à la libération de la ville d'ENSISHEIM et franchira l'ILL. Les allemands se replieront alors derrière le Rhin. C'est en atteignant les rives du Rhin, au débouché de la forêt de la Harth sur la commune de BANTZENHEIM qu'il sera mortellement blessé par une rafale de mitraillette allemande alors qu'il se lançait à l'attaque d'une position ennemie. Le Commandant SIZAIRE, chef du 3ème bataillon du 21ème RIC dira avoir perdu l'un de ses meilleurs capitaines. Aujourd'hui une rue d'ENSISHEIM porte le nom de mon arrière grand père.
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